L’essentiel en 3 points
- Un prestataire qui publie ses prix en 2026 situe un outil interne simple entre 10 000 et 30 000 € HT, une application branchée sur l’ERP entre 30 000 et 80 000 €, et un ensemble complet entre 60 000 et 150 000 € et plus.
- L’écart entre deux devis vient du nombre de règles métier, des branchements sur vos logiciels, de l’IA éventuelle et du temps de cadrage : un devis sans cadrage ne se compare pas.
- Ajoutez au coût de construction la maintenance (souvent 10 à 20 % par an), l’hébergement et, s’il y a de l’IA, son coût d’usage mensuel ; exigez un prix fixe écrit et le code à votre nom.
Quel prix pour un logiciel sur mesure ? Selon les prestataires qui publient leurs tarifs en 2026, comptez de 10 000 à 30 000 € HT pour un outil interne simple, de 30 000 à 80 000 € pour une application au cœur de vos processus et branchée sur l’ERP, et de 60 000 à 150 000 € et plus pour un ensemble complet (portail client, application mobile, plusieurs logiciels reliés). Sous 5 000 €, on parle plutôt d’un script ou d’un outil sans code.
Ces fourchettes sont larges parce que « sur mesure » recouvre des projets très différents. Je n’affiche pas de grille de prix : chaque projet a un prix fixe, écrit après l’audit. Mais je peux vous donner la méthode pour lire un devis, savoir si le chiffre est normal, et éviter les coûts qui n’y figurent pas.
C’est quoi un logiciel métier sur mesure ?
Un logiciel métier sur mesure est un outil construit pour la façon de travailler d’une entreprise, au lieu d’un logiciel du marché auquel l’équipe s’adapte. Il appartient à l’entreprise, il fait exactement ce dont elle a besoin, et il se branche sur les logiciels qu’elle utilise déjà. Quelques exemples typiques dans une PME :
- la prise de commande par les commerciaux ou les clients, avec les tarifs et les remises de chacun, envoyée directement dans l’ERP ;
- le suivi des interventions des techniciens : planning, rapport, photos, signature du client, export vers la facturation ;
- un portail client où vos clients suivent leurs commandes, téléchargent leurs documents et posent leurs questions ;
- un tableau de bord qui rassemble les chiffres de l’ERP, du CRM et de la comptabilité sur une page.
Aujourd’hui, ces outils intègrent souvent une part d’IA : lire un document, résumer un dossier, proposer une réponse. C’est ce que je construis sous le nom d’application métier sur mesure, toujours branchée sur l’existant.
Quel prix pour un logiciel sur mesure en 2026 ?
Peu de prestataires publient des chiffres. Parmi ceux qui le font, l’agence Fenxi donne une grille claire, mise à jour en septembre 2026 :
| Type d’application | Fourchette publiée (HT) | Exemple donné |
|---|---|---|
| Outil interne simple ou première version | 10 000 à 30 000 € | Gestion des demandes internes, suivi de dossiers simple |
| Application au cœur des processus | 30 000 à 80 000 € | Gestion complète des interventions avec planning, rapports, photos et export comptable |
| Ensemble complet | 60 000 à 150 000 € et plus | Portail client, portail interne et application mobile reliés à l’ERP et à la facturation |
| Moins de 5 000 € | — | Plutôt un outil sans code ou un script amélioré |
Pour vérifier un devis, une autre approche consiste à repartir du temps de travail. Les grilles publiées pour 2026 situent le tarif journalier d’un développeur indépendant, à Paris et en Île-de-France, entre 350 et 450 € pour un profil junior, 500 à 650 € pour un profil confirmé, 650 à 800 € et plus pour un profil senior ; 15 à 20 % de moins en région. Un calcul simple donne l’ordre de grandeur : 40 jours de travail à 500 € font 20 000 € HT ; 120 jours, 60 000 € HT. Une agence ajoute à cela la gestion de projet, la conception et ses frais de structure.
Un outil interne simple
Quelques écrans, une ou deux règles, peu d’utilisateurs, une base de données à lui. C’est souvent par là qu’il faut commencer : un outil qui règle un seul problème, vite, et que l’on enrichit ensuite.
Une application branchée sur l’ERP
Elle lit et écrit dans vos logiciels, applique vos règles métier et sert plusieurs services. C’est le cas le plus fréquent dans le négoce et l’industrie, et celui où les branchements pèsent le plus lourd dans le prix.
Une plateforme ou un portail multi-utilisateurs
Des clients, des fournisseurs ou des techniciens s’y connectent, chacun avec ses droits. La sécurité, la gestion des comptes, l’application mobile et le support font monter le coût.
Pourquoi le prix d’un logiciel sur mesure varie-t-il du simple au triple ?
Deux devis pour « le même besoin » ne décrivent presque jamais le même logiciel. L’un a compté trois règles métier, l’autre quinze. L’un suppose un import de fichier, l’autre une API. Voici ce qui fait grossir chaque brique.
| Brique | Ce qui la fait grossir |
|---|---|
| Cadrage et conception des écrans | Beaucoup de profils d’utilisateurs, des processus jamais écrits, des désaccords internes à trancher |
| Règles métier | Tarifs par client, exceptions, validations en plusieurs étapes, calculs propres à votre métier |
| Branchements | Un ERP sans API, plusieurs logiciels à relier, des données à reprendre ou à nettoyer |
| IA dans l’application | Documents variés à lire, réponses à sourcer, journal et contrôle à prévoir |
| Recette et mise en service | Tests sur vos vraies données, formation, reprise de l’historique |
Le nombre de processus et de règles métier
C’est le premier facteur, et le plus sous-estimé. Une règle comme « remise de 5 % au-delà de 100 cartons, sauf sur les références en promotion, sauf pour les centrales » coûte plus cher à construire et à tester qu’un écran. Plus vos règles sont écrites avant le devis, plus le chiffre est juste.
Les branchements : ERP, CRM, API ou pas d’API
Brancher l’application sur un ERP qui a une API documentée prend quelques jours. Sans API, il faut passer par des imports et des exports, ou par un connecteur, et le travail augmente nettement. Vérifiez aussi votre abonnement : sur Odoo Online, l’API externe n’est incluse que dans l’offre Custom. Ce n’est pas un détail : l’Insee relève que l’incompatibilité avec les équipements existants freine l’IA chez 38 % des entreprises de 10 à 49 salariés qui ne l’utilisent pas, et 45 % de celles de 50 à 249. Je détaille ce point pour Sage dans l’article sur l’API Sage 100, et le travail lui-même sur la page intégration API.
L’IA dans l’application : coût de construction et coût d’usage
Une fonction d’IA a deux coûts. Le premier se paie une fois : concevoir les consignes, les règles, le contrôle et le journal, puis tester sur vos documents. Le second se paie chaque mois : les fournisseurs de modèles (Anthropic, OpenAI, Mistral…) facturent au volume de texte traité. Ce coût d’usage dépend de vos volumes et du modèle choisi ; il se mesure sur un échantillon réel pendant le prototype, et doit figurer dans le devis comme une ligne à part, sur un compte à votre nom.
Le cadrage et la conception des écrans
Un devis qui ne prévoit presque rien pour le cadrage n’est pas moins cher : il reporte le coût sur la suite, sous forme d’avenants. Les écrans conçus avec les personnes qui les utiliseront font la différence entre un outil adopté et un outil contourné par un tableur.
À retenir Un devis se compare brique par brique, pas au total. Demandez à chaque prestataire le détail en jours : cadrage, écrans, règles, branchements, IA, recette. Celui qui ne peut pas le donner n’a pas compris votre besoin.
Combien coûte un logiciel sur mesure sur 3 ans ?
Le prix de construction n’est que la première ligne. Sur trois ans, il faut ajouter :
- la maintenance : corrections, mises à jour de sécurité, adaptation aux nouvelles versions de vos logiciels. Fenxi l’estime à 10 à 20 % du coût initial par an, avec par exemple environ 2 000 € par an pour une application d’environ 30 000 € ;
- l’hébergement : serveur, base de données, sauvegardes, nom de domaine ; un coût mensuel qui dépend du nombre d’utilisateurs et des exigences de disponibilité, à faire chiffrer dans le devis ;
- le coût d’usage de l’IA, s’il y en a, mesuré pendant le prototype ;
- les évolutions : une application utile suscite de nouvelles demandes. Prévoyez-les dans le budget plutôt que de les subir.
| Calcul (exemple fictif) | Année 1 | Années 2 et 3 |
|---|---|---|
| Construction | 40 000 € | — |
| Maintenance (15 % par an) | — | 6 000 € par an |
| Hébergement (hypothèse : 150 € par mois) | 1 800 € | 1 800 € par an |
| Total sur 3 ans, hors IA et évolutions | 57 400 € | |
Ce tableau est un calcul sur des hypothèses, pas une moyenne. Il montre surtout qu’un écart de 10 000 € à la construction compte moins qu’une maintenance mal cadrée sur trois ans.
Sur mesure, progiciel ou refonte : comment trancher ?
Le sur mesure n’est pas toujours la bonne réponse. Souvent, la solution la moins chère est un logiciel du marché bien branché sur le reste.
| Progiciel seul | Progiciel + intégration | Sur mesure | |
|---|---|---|---|
| Quand le choisir | Votre processus est standard (paie, comptabilité, CRM classique) | Le logiciel convient, mais il ne parle pas à vos autres outils | Votre façon de travailler fait votre avantage, ou aucun logiciel ne la couvre |
| Coût de départ | Faible, abonnement par utilisateur | Modéré : abonnement plus branchements | Le plus élevé |
| Délai | Quelques jours à quelques semaines | Quelques semaines | De quelques semaines à plusieurs mois |
| Limites | Vous vous adaptez au logiciel | Dépend des API de l’éditeur | Maintenance à prévoir, dépendance au prestataire si le code n’est pas à vous |
Ma règle est simple : si un logiciel du marché couvre 80 % du besoin, je branche ce logiciel sur le reste plutôt que de le reconstruire. Le sur mesure se justifie quand l’outil touche le cœur de votre métier, là où votre façon de faire vous distingue.
Refonte d’une application métier existante
Beaucoup de PME ont déjà un outil maison : une base Access, un gros classeur Excel avec des macros, une application web développée il y a dix ans. La refonte d’une application métier coûte souvent moins cher qu’un projet neuf, parce que les règles existent déjà : elles sont dans l’outil, et les équipes les connaissent. Elle coûte plus cher quand personne ne sait plus ce que fait le code, ou quand les données sont à reprendre en profondeur. Dans ce cas, je commence par un audit de l’existant : ce qui sert, ce qui ne sert plus, ce qu’on reprend tel quel.
Quelles questions poser avant d’accepter un devis ?
Sept questions qui évitent la plupart des mauvaises surprises :
- Le prix est-il fixe ou en régie ? En régie, vous payez le temps passé : le risque est pour vous. Au forfait, le prestataire s’engage sur un périmètre et un montant écrits.
- Le projet est-il découpé en lots ? Un premier lot utile et livré vite vaut mieux qu’un grand projet livré d’un bloc.
- À qui appartiennent le code et les comptes ? Le code, l’hébergement, les comptes des fournisseurs d’IA doivent être à votre nom, avec la cession des droits écrite au contrat.
- Quelle date de mise en service, et que se passe-t-il si elle n’est pas tenue ?
- Que comprend la maintenance, et à quel prix ? Corrections, mises à jour, délai de réponse en cas de panne.
- Le coût d’usage de l’IA et l’hébergement sont-ils chiffrés à part ?
- Puis-je voir le résultat sur mes propres données avant de m’engager sur la totalité ?
C’est la méthode que j’applique. Après le premier appel, où je montre votre cas en démo sur des données fictives, un audit de dix jours mesure le temps perdu et écrit le périmètre. Puis un prototype de cinq jours tourne sur vos données ; le montant de l’audit est déduit du prototype. Le projet complet a ensuite un prix fixe et une date de mise en service écrits, et le code est à votre nom. Si vous ne savez pas encore quelle tâche attaquer, la page audit IA explique ce que livre cette étape.
Aides et fiscalité : ce que l’on peut espérer
Le crédit d’impôt innovation (CII) existe jusqu’au 31 décembre 2027, au taux de 20 % en métropole, pour les PME qui conçoivent des prototypes de produits nouveaux, dans la limite de 400 000 € de dépenses par an. Un outil interne qui automatise vos processus n’entre généralement pas dans cette définition. Quant au crédit d’impôt recherche, le guide du ministère est clair : le seul développement d’un logiciel ou d’une nouvelle fonctionnalité, sans démarche de recherche explicite, n’est pas éligible. Pour l’amortissement du logiciel, voyez avec votre expert-comptable. Les aides publiques à la transformation numérique et au diagnostic IA font l’objet d’un article à part sur le Diag Data IA et les aides IA pour les PME.
Ce que je ne recommande pas
- Faire du sur mesure là où un progiciel suffit. Reconstruire un CRM ou une comptabilité coûte cher et n’apporte rien. Gardez le sur mesure pour ce qui vous distingue.
- Signer un devis sans cadrage. Un chiffre donné après une réunion d’une heure est une estimation, pas un prix. Il sera corrigé par avenants.
- Choisir sur le seul montant de construction. Comparez le coût sur trois ans, maintenance, hébergement et IA compris.
- Accepter un code et des comptes au nom du prestataire. Si vous changez de prestataire, vous devez pouvoir partir avec tout.
- Dénigrer le sans-code par principe. Pour un besoin simple, peu d’utilisateurs et des volumes modestes, un outil sans code bien monté suffit souvent. Il atteint ses limites avec des règles complexes, des volumes importants ou des branchements délicats.
- Tout construire d’un coup. Un premier lot en service, utilisé par l’équipe, vous en apprend plus qu’un cahier des charges de cinquante pages.
Les coûts sont le premier frein à l’IA cité par les dirigeants de PME et d’ETI interrogés par Bpifrance Le Lab. La meilleure réponse n’est pas un prix bas, mais un prix lisible : chaque brique chiffrée, un montant fixe, un résultat vu sur vos données. Pour un exemple concret de ce qu’une petite application peut régler, lisez l’article sur la saisie des commandes reçues par e-mail dans l’ERP, et si vous êtes dans le négoce et la distribution, c’est souvent le premier outil à construire.
Sources
- Prix d’une application sur mesure pour une PME, Fenxi, publié le 11 décembre 2025, mis à jour le 3 septembre 2026
- TJM développeur web freelance en 2026, Freelance Solution, mai 2026
- Usage de l’intelligence artificielle dans les entreprises, Insee Première n° 2120, 21 juillet 2026
- L’IA dans les PME et ETI françaises : une révolution tranquille, Bpifrance Le Lab, 4 juin 2025
- External API, documentation Odoo 19.0
- Tarifs Odoo, odoo.com
- Crédit d’impôt innovation (CII), Service-Public.fr Entreprendre, vérifié le 20 février 2026
- Publication du guide CIR 2025, Deloitte Société d’Avocats
- Crédit impôt recherche (CIR), ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Loïc Legrand
Développeur et intégrateur IA à Paris, fondateur de DigitalCX. Huit ans de développement web et de design ; il conçoit des outils IA branchés sur les logiciels que les PME utilisent déjà.



